Appel à une nouvelle fraternité en Guadeloupe
Texte de Dem Ari :
L’heure de réveil de l’esprit de fraternité et d’unité a sonné.
Je suis un Guadeloupéen d’une quarantaine d’année. J’ai la faiblesse de me croire ouvert et tolérant. Je suis plutôt un pacifiste et j’aime mon pays. Je ne souhaite pas plus parler de moi car je considère le message plus important que le messager et je l’adresse à tous.
La Guadeloupe étant un département français son système économique est le même que celui de la France et donc du système occidental, à savoir la loi du marché et de la croissance entraînant compétitivité, agressivité, conflits, brutalité, cupidité, égoïsme, manipulation. Un système qui permet toutes les injustices tous les abus sous couvert de pragmatisme économique et qui prétend être l’unique système viable.
Ce système ou 1% de la population possède 40 % de la richesse de la planète, ou 34 000 enfants meurent chaque jour, ou 50% de la population mondiale vit avec moins de 2€ par jour et où le profit et l’argent sont souvent les principaux déterminants des choix qui sont posés. Un système qui engendre un nombre croissant de laissé-pour-compte et donc de souffrance. Un système qui détruit inexorablement la Planète (notre seule maison).
Les fourmis sont mieux organisées que ça.
Ce système qui accepte la violence, dans toutes ces variantes, comme allant de soi, jusqu’à nous faire croire que nous, les êtres humains, étions intrinsèquement mauvais.
Rien n’est plus faux que cela et tous ceux et toutes celles qui ont soigneusement contribués à nous enfermer dans cet esclavage mental vont devoir se rendre à l’évidence : Nous sommes meilleurs, plus grands et plus forts qu’ils ne l’imaginent.
Aujourd’hui à l’image de l’ensemble du peuple de Guadeloupe, je me réveille de l’illusion de liberté dans laquelle j’étais plongé et je suis déterminé à reprendre mon destin en main en cessant de soutenir ce système.
Ne vous y trompez pas puisque si ma détermination est certaine et si elle s’exprime avec force, aucune colère n’habite mon cœur. J’assume pleinement ma part de responsabilité à propos de ma situation économique et sociale.
Pendant trop longtemps j’ai fermé les yeux sur les agissements de ceux à qui nous avions tous confiés la sauvegarde de notre bien-être, bien qu’au fond de moi je soupçonnais et parfois savais ce qu’ils faisaient. Je souhaitais la facilité alors j’ai laissé faire en leurs remettant les clefs de mon bien-être. Ils devaient s’occuper de tous ce qui me semblait, soit trop compliqué, soit trop rébarbatif.
Erreur.
En fait ils se sont surtout occupés d’eux, de leur plan de carrière, de leurs belles maisons, de leurs bateaux et ont tout fait pour que cela ne s’arrête jamais. Ils sont devenus des drogués du pouvoir. Ils sont allés jusqu’à orchestrer la comédie des partis afin de me faire croire qu’il y avait de l’alternance alors qu’en réalité ils se partageaient le gâteau du pouvoir et de l’argent.
Ils ont récemment, avec l’affaire des banques, joué une nouvelle carte afin d’accentuer un peu plus mon esclavage. Grâce à ces énormes prêts passés auprès des banques centrales, soit disant pour sauver les banques, ils vont pouvoir exiger de moi de travailler plus et de gagner moins afin de rembourser la non moins énorme dette que l’Etat, c’est-à-dire vous et moi, a contracté.
En parallèle ils détricotent tous les services publics (Education, Sante, Energie, Transport, Média etc..) dans le but évident de les revendre pour une bouché de pain à des capitaux privés pénalisant ainsi les plus défavorisés d’entre nous, c’est-a-dire tout ceux qui n’auront pas les moyens de payer. J’imagine déjà la justification de cette opération : « L’Etat est en déficit, les caisses sont vides et nous avons besoin d’argent pour rembourser une partie de la dette».
Et ils croient que je vais encore les laisser faire ?
Pour mieux me contrôler, nous contrôler, ils ont inventés le terrorisme afin de renforcer un Etat de plus en plus policier, pour distiller la peur et la division, tout en déstructurant le système judiciaire.
Mais je n’oublie pas, ce sont des hommes et des femmes comme moi. Ils ont, un jour, comme moi, portés des couches culottes. Comme eux, je suis un homme tout à fait capable de savoir ce qui est bon, juste et utile pour moi et pour l’ensemble. Je suis décidé à me reprendre en main et à assumer la responsabilité de mon bien-être.
Mon choix de société consiste en une société ou personne n’est à la traîne. Ou le bien être et les besoins de chacun, homme, femme, noir, blanc, jaune, rouge, pratiquant, non pratiquant, croyant, non croyant, jeune, vieux, handicapé, valide etc.. sont pris en compte et ou chacun est respecté et honoré pour ce qu’il est sans distinction d’aucune sorte.
Pour moi tout le monde est important. Mon choix de société consiste également à un partenariat conscient et respectueux avec la Terre, car c’est elle qui me nourrit, me protège et prend soin de moi.
Aujourd’hui je me joins à cette partie du peuple français debout face à eux et j’exige d’eux des changements radicaux dans leurs choix sociaux et économiques.
C’est en Guadeloupe que se cristallise cette exigence et si je dis « peuple français » c’est parce qu’il l’est profondément et qu’il l’a plus que prouvé. Mais il n’est pas seulement Français, il est avant tout Guadeloupéen, avec une âme généreuse, joyeuse, aimante, mais également forte, puissante, et rebelle.
Rebelle aux injustices, aux abus, aux égoïsmes de toute sorte. C’est un aussi peuple lucide qui connait ces faiblesses et qui accepte également les faiblesses des autres tant qu’existe un respect mutuel.
Son cœur est toujours ouvert et sa main toujours tendue vers l’autre, comme le sont souvent les peuples habitant sous les tropiques.
Aux politiques et sociaux-professionnels Guadeloupéens, dégagez vous de ce système économique.
Cessez de le soutenir, que se soit activement ou, comme pour la plupart d’entre vous, passivement car vous le savez injuste et inadapté. Vous valez mieux que ça.
Ne vous enfermez pas dans le discours de ceux qui prétendent savoir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ayez une vision nouvelle pour vous et pour votre pays.
Vous avez cet atout que beaucoup de dirigeant hexagonaux n’ont pas, vous avez la foi.
Servez-vous en.
Demandez à être inspirés.
Ayez confiance en vos compatriotes et ils vous soutiendront.
L’heure n’est plus aux calculs mais à la prise de risque car c’est ensembles que nous ferons avancer les choses. J’en appelle maintenant à tous ceux hors de Guadeloupe qui, comme moi, exigent un changement radical de politique, à me soutenir, à nous soutenir moralement et matériellement car nous aurons besoins de tous pour gagner cette bataille.
Elle n’est évidemment pas seulement la notre mais elle doit avoir un point de départ et c’est ici en Guadeloupe qu’elle commence. Je n’attends rien du gouvernement, je suis au contraire convaincu qu’il fera tout pour conserver sa mainmise.
Nous sommes tous dans le même bateau, noirs, blancs, jaunes etc… , voici venu le temps de la vrai fraternité. Ne nous laissons pas dominer par la peur. Peur de manquer, peur d’échouer, peur de la solitude.
Prenons soin les uns des autres.
Nous ne sommes en fait jamais seuls.
Frêres et soeurs de la Guadeloupe c’est à nous de jouer maintenant en rappelant à tous que mes frères et mes sœurs sont de toutes races et de toutes couleurs.
La fraternité c’est de prendre soin des autres comme on prend soin de soi-même.
Donnons-nous la main, partageons ce que nous avons avec ceux qui n’ont plus rien.
Yon’n a lôt, sé ansan ‘m nou ké rivé (Nous sommes Un, c’est ensemble que nous y arriverons)
Texte de Dem Ari relayé par Laurent Chaumette sur : Anarchie evangélique
Commentaires
Les injustices préparent le lit de toutes les révoltes. Or, nous avons le choix: laisser faire ou s’ insurger. Vous avez choisi la deuxième solution, bravo !
Votre conscience en appelle à la responsabilité de chacun face au despotisme économique mondial qui broie chaque jour ces milliers de « laissé-pour-compte » en Guadeloupe comme ailleurs.
Merci pour cette démonstration de clairvoyance et de courage citoyen. La fraternité a gagné une marche…
Je viens de prendre lecture de ce texte engagé et engageant. Je suis en parfaite adéquation avec les idées qui y sont mentionnées. En effet il faut une autre vision, une autre approche des choses si nous voulons sauver le monde et par la même occasion nous sauver nous même. Le systême actuel a montré à plusieurs reprises et encore plus aujord’hui son incapacité à gerer la société, à la rendre libertaire, fraternelle et égalitaire, alors changeons les choses changeons de cap hissons la grand voile et sortons le drapeau blanc. Soyons maitres de notre destin.
Peace & Love
claudiolino
puis-je publier ce beau commentaire sur « anarchie évangélique » (ou voulez-vous l’y publier vous-même ?)
fraternellement
Laurent
Frères et soeurs
ce texte fera date tant son esprit insurgeant dépasse toutes nos visions habituelles, et offre un horizon praticable par tous…
Il a été diffusé sur de nombreux sites sur internet…
Si vous l’approuvez, j’invite chacun, chacune à l’imprimer et le répandre en Guadeloupe comme en France, où les conflits sociaux restent prisonniers de la logique d’une « vengeance sans fin », comme dit l’évangile d’Arès.
Merci encore Dem Ari de ce phare !
et j’aimerais beaucoup entrer en contact avec vous si vous pouvez me joindre par mail où via http://anarchieevangelique.wordpress.com/
fraternellement
Laurent
Le dépassement avance…
OK !!!
Mieux vaut tard que jamais…
alors vraiment, à bientôt ?
Bien à toi
Laurent, « franc parleur » sur anarchieevangelique.wordpress.com
Claudiolino, et vous tous qui passez, à propos de « drapeau blanc » :
http://whiteblocks.wordpress.com/
vous ètes un Kling, votre origine est Alsacienne ou autre
je n’ai toujours pas compris, pourquoi, vous votez toujours
à droite et dès qu’un ministre de « droite arrive, c’est la
fête…..quand on est un pauvre travailleur, hurler avec les loups, je ne comprend pas, si on est un riche exploitant
je pourrais comprendre…….il y a peu de kling en France
dans la région Rhône-Alpes, le dernier est né en 1989, il a
20 ans……je fais dela généalogie et votre origine m’intéresse….mercie et A++++
un autre commentaire qui est un appel : j’ai ouvert un blog à la Guadeloupe, je recherche ma nièce Dominique Larras
partie depuis 30 ans…..grande, brune environ 45 ans un petit
garçn de 12 ans bien bronzé, employée dans une banque
mercie… « blog papillon 8480
blog-city-info/fr/8359
réponse sur em. genevieve.kling@laposte.net
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Merci pour la Guadeloupe et pour tous les frères et les soeurs de partout sensibles à votre insurgeance qui est d’abord pour la dignité – comme me l’a fait comprendre Aurélie -, je précise juste que l’auteur est Dem Ari.
Bien à vous, à tous, à chacun et chacune,
Laurent